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Bienvenue sur le vol du Grand Condor ! Embarquez avec Guillaume et moi pour deux mois d'aventures à travers le Pérou et découvrez les coulisses d'un voyage destiné à la réalisation d'une série de reportages.
L'étendue de la plage de Las Rocas, à cinquante mètres de notre lodge
"Eh ouiiii, Jules-Edouard, ici, en direct du Kitawura Lodge, on peut affirmer sans peur de se tromper qu'il ne se passe absooolument rien !". Merci Michael ! Mais alors pourquoi vous envoyer un billet pour vous dire ça ? Eh bien juste pour le plaisir de vous faire partager ces dernières heures au Pérou, de vous envoyer quelques images inédites et aussi de répondre en vrac aux derniers commentaires. La journée d'hier a été fulgurante : après une nuit totalement blanche (20h-8h) on est parti se coucher pour se relever à l'heure du diner et repartir aussitôt au lit ! Que d'activité ! Mais quelle bonne nuit passée en compagnie de notre hôte, un sacré personnage épris lui aussi de liberté. Presque toute sa famille est au Japon mais lui a choisi de revenir ici, au Pérou, pour vivre son rêve d'homme sans entrave et échapper à la vie professionnelle carcérale du Japon. Et depuis il ne cesse de vivre de grandes aventures humaines dans une existence façonnée au jour le jour oú l'argent n'occupe plus les premières places. On reviendrait bien ultérieurement lui filer de temps en temps un coup de main pour apporter notre touche et nos idées à ce rêve de Robinson... Mais pour l'heure il faut songer à Lima (demain) et à la France, qui nous attend. On ne rentre pas à contrecoeur sachez-le. Je suis personnellement très attaché à mon pays et je suis heureux d'y retrouver comme à chaque retour famille et ami(e)s. D'autres beaux voyages nous attendent plus tard de toute façon. Aussi, Loïc, Lisa, rassurez-vous : on rentre le coeur léger à la maison ! On va aller faire un tour cet après-midi au marché de Chiclayo, l'un des plus beaux du Pérou paraît-il, pour voir ce qu'on peut vous ramener de beau comme souvenir ! Demain, à Lima, on devrait retrouver l'ami Richard (rencontré à Macchu Picchu rappelez-vous). Impossible de joindre les compagnies aériennes par les numéros spéciaux : on espère juste qu'il ne nous feront pas un plan foireux puisqu'il était demandé de confirmer notre vol dans les 72h. Eux ils croient que c'est facile quand on voyage de notre façon... Bref on verra ça vendredi ! La suite dans le prochain billet !
Et voilà, j'ai retrouvé Luke Skywalker sur Tatooine. Manque juste les deux soleils !
L'équipe de choc du Kitawura : Fausto, Mario et Frankie
La longue jetée de Pimentel (la plus longue du pays dit-on ici)
Enfin au calme pour tenter d'écrire le journal de voyage
Luna rends-moi tout de suite ma chaussure !
En dépit de ce qui était annoncé, on ne trouve guère d'attrait à Chiclayo. La fameuse "cité de l'amitié" ne nous offre que des visages assez fermés nous dévisageant à longueur de temps. Pourtant on ne doit pas être les premiers blancs qu'ils voient... On a trouvé bien plus de chaleur humaine dans certains villages reculés des Andes. Alors le lendemain on se motive pour un ultime mouvement vers ce lodge Katuwira, "campement bohème sur la plage de Las Rocas" selon le Lonely Planet et qui semble parfaitement approprié pour une ultime retraite avant le retour. Pimentel présente mieux que Huanchaco à mon goût. On y arrive par combi peu avant midi et avant toute chose on file s'avaler une assiette de poisson. C'est un moto-taxi qui nous fait parcourir les derniers mètres jusqu'à cet étrange camp dressé au milieu de nulle part : des pyramides y côtoient des habitations de bambou dans un joyeux mélange de couleurs et de formes. Ca fait cinq ans que Mario, le propriétaire, travaille à la construction de ce complexe fait-main. Des bâtiments en adobe et en forme d'ogives sont en chantier à l'arrière et ressemblent étrangement à la maison de Luke Skywalker sur Tatooine dans Star Wars ! On se sent immédiatement bien ici, bercés par le bruit du ressac de l'océan tout proche. Mario y est pour beaucoup, qui a le sens de l'accueil et qui insuffle sa forte personnalité au lieu. Idéal pour finir tranquillement après ces semaines échevelées d'aventure. Il paraîtrait que j'ai l'air désabusé ? Non, ce n'est pas vaiment cela je pense. Je crois que je suis content de rentrer et Guillaume aussi : on a fait ce que nous avions à faire ici et désormais nous sommes appelés vers d'autres objectifs qu'ils nous tardent de mener à bien. Nous savons notre affaire terminée ici et faisons de notre mieux pour occuper pleinement ces derniers jours avant de passer à autre chose. La musique et le snow pour Douby, l'association et la rédaction de nombreuses choses pour moi. Ainsi s'écoulent les derniers jours au Pérou, dans la quiétude d'un lieu pas comme les autres. Nous rentrons dans la nuit de mercredi à jeudi à Lima. Ce sera l'heure des derniers billets !
L'intérieur du complexe fabriqué par Mario
Une vue générale du Kitawura Lodge. Un havre de paix on vous dit !
Le salon de notre pyramide personnelle
Séquence hamac dans le patio de l'hôtel à Huanchaco
Le ceviche, plat traditionnel à base de poisson cru
Douby, l'aventurier des mers, a troqué son sac à dos contre un surf
Billet deuxième édition. Tout ce que je viens de taper vient de disparaître dans les méandres d'un bug informatique et ma colère s'est heurtée à la nonchalance péruvienne. Aussi recommencer á tout écrire ne m'enthousiasmant guère, je vais vous faire un résumé du résumé que j'avais précédemment fait. Partis à 19h45 de Caraz, on arrive à Trujillo à 6h du matin. Conformément à notre plan de route on part tout de suite pour Huanchaco, une tranquille station balnéaire à 12km de là. Dans le calme d'un hôtel tranquille, c'est farniente toute la journée. Seul Guillaume se motive dans l'après-midi pour aller surfer la vaguelette. Pas moyen pour moi de le suivre, trop tétanisé par ma peur viscérale de l'eau et des requins. Je me contente de prendre des photos. On a beau cherché on sait qu'on ne peut pas se lancer dans de grandes aventures désormais. Par exemple Kuélap, enterré par le fait que c'est déjà la saison des pluies dans la jungle. Peut-être pousserons-nous vers Chiclayo oú on a repéré un autre plan glandouille dans le même acabit qu'ici... En tout cas on a appris que dans le monde le prix du baril de pétrole a atteint les 100 dollars et que les tensions montent entre les grands de ce monde... Supers nouvelles à quelques jours de rentrer au pays. On va donc profiter de la quiétude des plages péruviennes avant de rentrer chez nous dans la grisaille, le froid et la déprime précédant l'hiver et les fêtes...
En action dans la vague !
Pendant ce temps les pêcheurs rentrent sur leur embarcation traditionnelle
appellée ici "caballitos de totora", petits chevaux de roseau
Et le soir tout ça sèche tranquillement au bord de la plage

Ha visiblement ça va pas être la même aujourd'hui !
Sur le chemin de la (très) longue descente vers Vaqueria

Le jeu consiste à ne pas tomber dans la boue qui jonche le sentier
JOUR 4
Au moins autant dormi que la veille... C'est l'horreur de ne pas réussir à dormir et de sentir les heures s'égrener lentement, très lentement. D'autant qu'il a plu à verse une bonne partie de la nuit et que j'ai été obligé d'empêcher l'eau de s'infiltrer dans la tente en fabriquant un barrage avec mes guêtres... Douby dort très mal lui aussi, à moitié victime d'apnée nocturne qui le fait renacler régulièrement. Bon bref on n'est pas très frais quand sonne sept heures. "Dis moi qu'il fait grand beau", m'implore Guillaume tandis que j'ouvre la tente. Bah non raté il fait plutôt grand gris encore une fois. Mais il s'est arrêté de pleuvoir. Le matériel est vraiment sale après cette nuit d'intempéries et nos affaires encore humides de la veille. Qu'importe ce soir on sera de retour à l'hôtel. Du moins l'espérons-nous. Pour l'heure c'est une descente interminable vers la vallée qui nous attend, une descente que nous avions largement sous-estimée en terme de distance. Il y a plus de vingt kilomètres d'ici à Vaqueria, le bled où nous sommes censés pouvoir trouver un moyen de transport pour rentrer à Caraz. Et ces vingt bornes, il va falloir se les avaler à un rythme de porc en une demie-journée. Un véritable marathon sur un sentier pénible et dévasté par les averses des jours précédents. La boue et l'eau se déversent de partout, nous obligeant à une gymnastique fastidieuse. Comme s'il n'y en avait pas assez, la pluie se remet à tomber tandis que nous fonçons tête baissée à la recherche de ce village qui n'en finit pas de ne pas apparaître. En chemin on file le reste de notre bouffe à un paysan rencontré sous l'averse. Erreur stratégique car on se croyait bientôt arrivé et ce n'était pas le cas... Notre niveau d'énergie finit par diminuer dangereusement jusqu'à ce que tous les voyants soient dans le rouge. Autant dire que lorsqu'on réalise qu'il faut encore se coltiner près d'une heure de montée jusqu'à Vaqueria, on le vit plutôt mal. Pas après pas, on se hisse par un chemin pentu jusqu'à ce rassemblement de maisons délabrées servant de point de départ-arrivée au trek de Santa Cruz. On est vraiment à bout de force lorsqu'on arrive là-haut. On s'achèvera ensuite avec plus de trois heures dans un combi plein à craquer où on se retrouve plié en quarante comme dans une boîte de sardines. A l'arrivée à Caraz, il pleut toujours des cordes. Une pluie vaguement similaire à ces pluies tropicales, chaudes et drues. On jette les sacs dans la chambre d'hôtel. Ainsi se termine cet ultime trek péruvien. La suite du programme sera limitée : les temps de transport limitent gravement notre marge de manoeuvre. Pour l'heure on a nos billets pour Trujillo en poche. Après la montagne, on va aller profiter un peu de la plage !

Arriero et ses mules sur le chemin du Santa Cruz
Une fois n'est pas coutume, c'est ambiance K-Way pour cette nouvelle étape
Vaqueria : c'est la victoire ! On en est venu à bout de ce trek !
PS SPECIAL POUR AMELIE : on te souhaite un super bon anniversaire ma caille ! On a eu l'idée tardive de t'appeler mais on s'est subitement rappelé qu'il y avait le décalage horaire qui n'était pas sans poser un problème ! Bon donc de gros bisous et tout ce qui va avec (et ne me demande pas ce que c'est). On va tâcher de se rapatrier prochainement pour te les faire pour de vrai !